25 juin 2009
L'homme introduit chez qui on ne pénètre pas
"Bonjour Madame, mes hommages, je me présente, Monsieur de la C., ancien Médiateur de la République, et accessoirement beau-frère de l'ancien Maire. J'aimerais savoir, Madame, pourquoi je n'ai pas encore eu l'honneur de recevoir une réponse Monsieur le Maire au sujet de ma demande de rendez-vous.
- Eh bien, Monsieur le Maire a eu votre demande, elle est sur son bureau, mais il n'a sans doute pas encore eu le temps de vous rappeler..
- C'est étonnant, figurez-vous que je suis très bien introduit auprès de Monsieur le Sénateur, que j'ai mes entrées directes à la Préfecture, et c'est le Maire de votre petite commune qui me fait attendre 8 jours ! Je ne doute pas que Monsieur le Maire soit fort occupé, mais enfin quand même, il y a des limites. Enfin, vous lui direz qu'il s'agit d'une simple visite de courtoisie et que j'aimerais beaucoup faire sa connaissance, on m'a dit le plus grand bien de lui.
- Je n'y manquerai pas."
*
"Monsieur le Maire, c'est Monsieur de la C. qui relance au sujet de sa demande de rendez-vous...
- Quoi, cet enquiquineur qui se croit tout permis parce qu'il a été Médiateur de la République ? Prendre les sens interdits à vélo, empêcher les agents chargés de relever son compteur d'eau d'entrer chez lui... Du coup on lui a dit de relever son compteur lui-même, résultat l'année suivante il nous a appelé pour le faire parce qu'il était infichu de lire sa consommation ! Eh bien il attendra encore un peu pour sa visite de courtoisie..."
11:12 Publié dans Journal d'une secrétaire de mairie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22 juin 2009
Montée d'adrénaline et chute de l'histoire
Aux urgences.
"Monsieur, nous allons vous transférer en neurologie.
- Comment ? En neurologie, mais pourquoi ? Il y a quelque chose dans mes analyses ?
- Ben, en neurologie, c'est là où on s'occupe des neurones...
- Je veux voir un médecin immédiatement !
- Bon, je vais vous le chercher."
*
"Oui, bonjour, quel est le problème ?
- Le problème ? J'arrive pour un mal de dos, on me fait des examens, on ne me dit rien, et voilà qu'on veut me transférer en neurologie ! Allez-y docteur, dites-le moi franchement, qu'est-ce que j'ai ?
- Ben, en fait, c'est parce qu'on manque de place, on vous a trouvé une chambre en neurologie..."
11:48 Publié dans Raconté | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
20 mai 2009
Gaffeuse
Prise de fonctions dans une nouvelle commune.
A l'ancien maire, lourdé aux dernières élections, qu'on me présente : "Ca ne vous manque pas trop ?"
A l'adjoint aux affaires scolaires, instituteur de son état : "Là d'où je viens, c'était pareil, les instituteurs avaient toujours tendance à prendre les services municipaux pour leurs larbins."
Silence gêné qui résonne toujours dans ma tête.
09:15 Publié dans Journal d'une secrétaire de mairie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
16 avril 2009
Le boute en train
Mercredi, 9h. C'est le deuxième jour de la formation. Il arrive dans la salle, s'assoit pesamment et met sa tête entre les mains en soupirant. Son collègue, hilare, lui lance une bourrade et le plaisante sur sa soirée de la veille.
Le midi, à table : "Ben oui quoi, dans les campagnes, y'a rien à faire, alors on va chez le voisin, il nous paie un coup, les p'tits verres s'enchaînent, on oublie tout..."
Dans l'après-midi, passé la phase de torpeur digestive, il s'anime, parle bruyamment à ses voisins, joue les boute-en-train, un peu penaud tout de même. Une photo prise avec un portable circule entre les rangs, déclenchant l'hilarité du groupe.
09:49 Publié dans Vécu | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
20 mars 2009
Des cigales dans la fourmilière
Le pape, par la voix d'un archevêque, excommunie une fillette qui a avorté suite à des viols par son beau-père. L'avortement est condamnable, mais pas le viol, car le viol donne la vie et l'avortement l'enlève. Et si la vie est sacrée, c'est qu'il s'agit de préserver l'espèce, j'en conclus donc que la religion catholique est la religion du règne animal, où la survie du groupe prime sur l'individu.
09:05 Publié dans Mes petits travers à moi | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note





