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29 février 2008
Disparition subite
Au bureau, je téléphone à une banque qui finance une de nos opérations. Je demande mon interlocuteur habituel, à qui j'ai laissé un message hier et qui ne m'a pas rappelée. Je sens comme un flottement.
"Il n'est pas là.
- Il n'est pas là de la journée ?
- Non.
- Quand est-ce que je pourrai le joindre ?
- En fait, il est parti hier.
- Il est en congés ?
- Non, il n'est plus chez nous.
- Il est dans un autre service ? Dans un autre département ?
- Non, il a quitté la société."
Je raccroche en pensant à Jérôme Kerviel.
09:31 Publié dans Vécu | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : trader, jérôme kerviel
28 février 2008
Regards fuyants
Dans la salle d'attente du médecin, une femme découvre son sein pour allaiter son bébé. Les regards se détournent et toute la zone occupée par la femme et son enfant semble devenue une bulle opaque et figée.
Au supermarché, la caissière tend au client le boîtier pour qu'il tape son code bancaire. Les autres clients regardent ostensiblement ailleurs.
Dans la rue, un SDF tend la main. Les regards des passants glissent sur lui.
Le banquier qui me parle me regarde fixement sans ciller. Je cherche une échappatoire.
09:10 Publié dans Vu | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
27 février 2008
Quitter Paris
12:39 Publié dans Un monde dans un CV | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : cv, orthographe
26 février 2008
Humour préfectoral
10:00 Publié dans Lu | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : parité
25 février 2008
Rentre dedans
Paris, 1996. Je sors par la porte cochère pour aller acheter du pain. La boulangerie est située juste en face. Le petit bonhomme est au rouge, mais les voitures encore aussi, je me dis que j'ai le temps de passer. Je ne cours pas, je marche normalement, ce n'est pas un large boulevard. Le feu est passé au vert pour les voitures, mais ne suis-je pas prioritaire ? Une d'entre elles avance doucement, je continue à marcher sans presser le pas, elle va tout de même me laisser finir de traverser. Non. Le pare-choc vient me heurter à la cuisse. Furieuse, choquée, je me tourne vers le conducteur en criant "Mais ça ne va pas non ?" Il me regarde d'un air narquois, sans un mot d'excuse. Je crie à l'aveuglette "Vous avez vu ce qu'il a fait ?" Aucun passant ne réagit, personne ne répond. Je vais acheter ma baguette, je rentre rapidement et je m'effrondre en larmes sur mon lit.
11:06 Publié dans Vécu | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : chauffard
23 février 2008
Lutte des classes
"Informations complémentaires :
Connue et appréciée toutes personnes catégories sociales confondues."
08:55 Publié dans Un monde dans un CV | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : CV, lutte des classes
22 février 2008
Un document qui compte
Je suis une liasse de papier d’une trentaine de pages. Je m’appelle Cahier des clauses administratives particulières, mais mon surnom est CCAP. Je suis agrafée dans mon coin supérieur gauche. J’ai été conçue dans le cabinet d’un architecte, envoyée par courriel à un agent administratif d’une mairie, qui gère les marchés publics. Il m’a apporté quelques modifications, puis imprimée et agrafée. Deux petits trous. Plus tard, j’ai été photocopiée en une trentaine d’exemplaires. Pour cela, on m’a ôté mon agrafe et placée sur le chargeur du photocopieur. Puis j’ai été agrafée de nouveau. Quatre petits trous. Quelques jours plus tard, on s’est aperçu qu’il fallait encore me photocopier. Six petits trous. Puis j’ai été placée dans un gros dossier que beaucoup de gens ont manipulé. J’ai été signée et paraphée 12 fois. On m’a encore dégrafée et photocopiée – huit petits trous –, puis je suis partie avec le gros dossier original et son double, dans un carton, vers la Préfecture. Là-bas, j’ai été tamponnée avec violence, puis remise dans une enveloppe, direction la case départ. Et là, au retour, on a encore eu besoin de me photocopier, sûrement à cause de mon tampon préfectoral tout frais. Dix petits trous. On m’a rangée dans un carton à archives. Plus tard, beaucoup plus tard, une autre main m’a ressortie. J’étais dans un bureau étranger, plein de factures. On m’a encore dégrafée et photocopiée deux fois. Douze petits trous. Mes doubles sont partis avec une facture, et on m’a rangée dans le carton à archives. C’était il y a plus de dix ans. Mon carton n’a plus jamais été déplacé depuis. Mais aujourd’hui je sens qu’on me pousse, le carton s’ouvre, je revois le jour. J’ai un peu jauni, un peu séché. Je sens plus fort. On me jette dans un grand sac en plastique noir, qu’on ferme. Je suis dans le noir et j’ai chaud, très chaud, trop chaud. Je craquèle, je m’effrite. Je disparais.
11:56 Publié dans Sévices administratifs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : marchés publics, paperasse, administration
18 février 2008
Loi des séries
"D'abord Carlos, et puis Salvador, je vous dis, ça va être une décatombe ! C'est la loi des séries." (ma belle-mère, dont les propos sont confirmés chaque jour.)
"Il ne faut pas parler de loi des séries, mais de tendance lourde" (un homme politique à propos des délocalisations d'entreprises.)
23:00 Publié dans Entendu | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : loi des séries
08 février 2008
République bananière
La ligne Internet du service technique a été suspendue, parce que le règlement de la facture n'est pas parvenu manifestement. Je téléphone à France Télécom. Pendant la longue mise en attente, je parcours quelques blogs. Puis j'ai enfin un "conseiller" au bout du fil.
"Bonjour, c'est la mairie de ..., voilà, une de nos lignes a été suspendue alors que nous avons payé la facture, mais actuellement le mandat est à la trésorerie et nous ne pouvons rien faire pour hâter le règlement...
- Quel est votre numéro de client ? Un instant... Ah d'accord, les %!§¨&$ ! Les.. hum hum... Ces cons-là, ils ont oublié de vous mettre en "collectivité". Bon, je vais maquiller votre fiche... voilà... Bon, alors voilà ce que vous allez faire : vous allez appeler au 0 800 ..., vous leur dites "bonjour, ici la mairie de ... Comment ? C'est un scandale, nous sommes une collectivité et vous nous coupez la ligne ?" Entre temps, j'aurai eu le temps de bidouiller votre compte et ils verront bien que vous êtes une collectivité, ils vont pouvoir rétablir votre ligne. D'accord ?"
C'est tout juste s'il n'a pas rajouté "ma petite dame" et nous avons raccroché en rigolant de notre petit arrangement.
15:20 Publié dans Entendu | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : France Télécom, Orange
04 février 2008
T'es plus ma copine
"Tu sais, maintenant, on ne va plus pouvoir être copines.
- Ah bon, pourquoi ?
- Ben mon père se présente aux élections contre ton père, alors...
- C'est les histoires des grands, ça, ça nous regarde pas !
- Ben si quand même, t'es plus ma copine."
11:23 Publié dans Raconté | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : élections municipales



