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30 mars 2008

Nicolas cherche Nicolas partout

Bonjour M. Princen, je me demande bien ce qui vous a fait venir ici...

Honte à eux

Fourniret : "sans huis-clos, bouche cousue".

PSG-Lens : sans huis-clos, pas de foot. Il aurait mieux valu.

29 mars 2008

La première impression

Procès Fourniret. Le beau-père d'une victime s'exprime à la télé. Il porte des dreadlocks et est mal rasé. La première impression ne lui est pas favorable. Je me surprend à le juger. "Mal rasé" pour dire "pas rasé du tout". Des dreads, une belle-fille, donc une famille recomposée, toute cette première impression qu'il nous fait est envahie de clichés et de connotations.

22 mars 2008

De l'élégance et du manque d'élégance

Elisabeth d'Angleterre reçoit un chef d'Etat étranger. A table, les plats raffinés se succèdent. On apporte des coupelles remplies d'un liquide chaud et citronné. Le chef d'Etat porte délicatement la sienne à sa bouche et boit le contenu. Aussitôt, Elisabeth saisit la sienne et la boit aussi. Elle lui sourit, sourire diplomatique ou effet de l'acidité. C'était un rince-doigts.

Dans Pretty woman, Julia Robert est attablée avec des hommes d'affaire dans un grand restaurant, effarée devant le nombre de couverts. Pour la mettre à l'aise, un convive très distingué se penche vers elle et lui souffle "Moi non plus, je n'ai jamais su lesquels prendre. Je crois qu'il faut commencer par l'extérieur..."

Chez mon beau-frère et ma belle-soeur, je suis affectée à la découpe du fromage pour la fondue. Apparemment je découpe un peu largement la croûte. Ils en font la remarque, et ne peuvent s'empêcher de reprendre toutes les croûtes une par une, pour prélever la petite partie de fromage qui aurait été perdue. 

19 mars 2008

Poisson, porc et autres contrariétés

Une collègue déboule dans mon bureau, sans frapper, l’air indigné.

« Dis donc, j’apprends qu’il y a de la viande hachée au menu vendredi !

– Oui, c’est bien possible…

– Et tu trouves ça normal, toi ?

– Ben, pourquoi ?

– C’est vendredi saint !

– Euh, oui, mais la laïcité…

– D’accord, mais alors dans ce cas-là, pourquoi est-ce qu’il y a un deuxième menu quand c’est du porc comme plat du jour ?

– Ah oui, là, effectivement… »

12 mars 2008

Huis clos

Samedi 8 mars, matin. Je suis à la mairie pour une carte grise. La porte du bureau du maire est grande ouverte et j'entends la conversation entre lui et ses adjoints sortants. La discussion glisse vers le scrutin du lendemain, et lentement la porte se ferme, tandis qu'on entend :

"...dans l'hypothèse de notre réélection..." 

Je ris intérieurement de cette fausse pudeur,  sachant qu'il n'y a pas de liste d'opposition dans ce village.

Paroles, paroles

"Les urnes ont parlé et leur message est clair" (réélu)

"c'est un avertissement qui a été donné par les électeurs et il convient de l'entendre" (opposant)

10 mars 2008

Statler et Waldorf

A la grande table, quatre scrutateurs sont penchés sur les petites enveloppes bleues.

Dans le public, à chaque nom énoncé, deux vieilles dames se penchent en rythme, exactement en même temps, pour inscrire des bâtons sur leur feuille posée sur les genoux.

Non, violent

"...et à ce moment-là, il lui a mis son poing sur la figure !

- Tu veux dire littéralement ?

- Non, je veux dire physiquement !" 

07 mars 2008

Les attributs de la République

2123650891.jpg La Marianne de Chavanon me regarde de ses grands yeux sans pupille. Ses commissures remontent dans un sourire narquois. Dimanche, elle sera l'arbitre des élégances. Au-dessus d'elle, dans son cadre doré, un petit homme se tient, l'air satisfait, les bras le long du corps, engoncé dans un costume noir dont le tombé révèle que c'est un faux maigre. Des gens vont et viennent, installent des tables, des barrières, montent un isoloir. On ressort d'un placard les urnes transparentes, on les époussette. C'est reparti pour un tour, sinon deux.

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