19 octobre 2009

Etablissements recevant du (drôle de) public

"Bonjour Madame, Madame Dupont de la Préfecture, je vous appelle au sujet de la liste des établissements recevant du public, que vous nous avez transmise. Voilà, j'ai plusieurs établissements dont la classification ne me semble pas claire.

- Oui, je vous écoute.

- Il s'agit notamment de l'établissement "Le Okay's Club", est-ce bien une discothèque ?

- En réalité, c'est un club échangiste, mais cela ne figure pas dans la typologie des ERP.

- Ah. Bien. Et sinon, j'ai un gîte rural qui est classé en type P, "salle de danse ou salle de jeux", il doit s'agir d'une erreur ?

- Non, pas du tout, c'est un gîte spécialisé pour les couples homos à tendance SM, vous voyez ?

- Bien. Alors je le classe dans la même catégorie que le restaurant qui est à côté ?

- Ah non, rien à voir, ça c'est un établissement pour les nudistes !

09 février 2009

Le début de journée qui fâche

J'arrive au travail encore un peu embrumée de sommeil. Sur mon bureau m'attend une feuille griffonnée d'une écriture nerveuse que je connais bien, celle de mon patron.

"Pourquoi la réunion du comité truc-chose a-t-elle été mise le 19 février alors que j'ai déjà un rendez-vous prévu de longue date ?????"

Je prends un stylo rouge, j'écris en bas "Cette réunion a été prévue il y a deux semaines en votre présence", je me retiens de noter également "je ne suis pas censée gérer votre agenda", et je pose la feuille sur son bureau.

Voilà comment ruiner en deux minutes le moral et la productivité des cadres.

01 septembre 2008

Marcher droit

"On en est où avec la commande de panneaux ?

- Quels panneaux ?

- Ben, pour mettre dans les locaux, dans les couloirs, tout ça.

- Des panneaux qui indiquent quoi ?

- Eh bien, les trucs habituels, interdiction de fumer, frapper avant d'entrer, marcher droit, etc."

22 février 2008

Un document qui compte

Je suis une liasse de papier d’une trentaine de pages. Je m’appelle Cahier des clauses administratives particulières, mais mon surnom est CCAP. Je suis agrafée dans mon coin supérieur gauche. J’ai été conçue dans le cabinet d’un architecte, envoyée par courriel à un agent administratif d’une mairie, qui gère les marchés publics. Il m’a apporté quelques modifications, puis imprimée et agrafée. Deux petits trous. Plus tard, j’ai été photocopiée en une trentaine d’exemplaires. Pour cela, on m’a ôté mon agrafe et placée sur le chargeur du photocopieur. Puis j’ai été agrafée de nouveau. Quatre petits trous. Quelques jours plus tard, on s’est aperçu qu’il fallait encore me photocopier. Six petits trous. Puis j’ai été placée dans un gros dossier que beaucoup de gens ont manipulé. J’ai été signée et paraphée 12 fois. On m’a encore dégrafée et photocopiée – huit petits trous –, puis je suis partie avec le gros dossier original et son double, dans un carton, vers la Préfecture. Là-bas, j’ai été tamponnée avec violence, puis remise dans une enveloppe, direction la case départ. Et là, au retour, on a encore eu besoin de me photocopier, sûrement à cause de mon tampon préfectoral tout frais. Dix petits trous. On m’a rangée dans un carton à archives. Plus tard, beaucoup plus tard, une autre main m’a ressortie. J’étais dans un bureau étranger, plein de factures. On m’a encore dégrafée et photocopiée deux fois. Douze petits trous. Mes doubles sont partis avec une facture, et on m’a rangée dans le carton à archives. C’était il y a plus de dix ans. Mon carton n’a plus jamais été déplacé depuis. Mais aujourd’hui je sens qu’on me pousse, le carton s’ouvre, je revois le jour. J’ai un peu jauni, un peu séché. Je sens plus fort. On me jette dans un grand sac en plastique noir, qu’on ferme. Je suis dans le noir et j’ai chaud, très chaud, trop chaud. Je craquèle, je m’effrite. Je disparais.

18 janvier 2008

Conseil général et en particulier

Je téléphone au Conseil général pour réserver une salle. J'entends à l'autre bout du fil :

"Oui, bien sûr Madame, je vais vérifier la disponibilité. Veuillez patienter un instant, je vous prie. (Puis, en aparté :) Euh ben, qu'est-ce c'est qu'ça m'fait, c'machin-là ? C'est qu'j'ai pas l'accès internet, c'matin ? Ben v'la aut' chose !"

10 décembre 2007

Chacun fait, fait, fait...

"Bon, alors, point suivant ?

- Il y a une demande de formation pour le personnel du centre culturel. C'est une journée avec d'autres professionnels...

- Ce n'est donc pas un stage ?

- Non, mais tout le monde y va, dans la profession.

- Mais je m'en moque, moi, de ce que tout le monde fait. On le fait parce que les autres le font ? Je ne vais pas gérer la collectivité en regardant chez le voisin. Donc c'est non, le personnel n'est pas payé pour se promener. Sinon, pour les tarifs ?

- Nous avons étudié le prix de revient de l'animation, en incluant les charges de personnel, le local, etc. Ca ferait 15 euros par personne, avec une hypothèse de 300 entrées.

- C'est cher, très cher. Quel prix ils ont mis, à côté ?"

24 novembre 2007

Consternation

A cinq minutes d'une importante réunion sur la rémunération du personnel, la déléguée syndicale découvre que la table de la salle de réunion a été arrangée de manière à ce que tout le monde soit en cercle et non en face à face comme lors des précédentes réunions. Les représentants du personnel mélangés aux dirigeants ? Il est trop tard pour modifier la configuration de la table, les participants arrivent déjà. Ils restent autour de la table, sans oser s'asseoir, dansant d'un pied sur l'autre.